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Type de vin produit: Languedoc Roussillon
Nom du Domaine:Domaine de Blanes |
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Des contreforts des Corbières, Marie Pierre Bories a probablement appris la sagesse du temps qui passe. Cette jeune femme de 33 ans a savamment su mélanger ses origines catalanes avec les rencontres humaines construites au fil des ans. Elle ne rêvait pourtant que de chevaux et de grandes étendues, des rêves mis de côté: on avait besoin d'elle sur la propriété familiale. Le passage par la formation pour adultes pour suivre un BTS viti-oeno, elle en garde pourtant un profond souvenir. "Travailler avec des personnes qui ont un parcours différent du nôtre est toujours une expérience enrichissante. De là naissent des échanges de vie."
Des rencontres humaines, voilà ce que Marie Pierre cherche au quotidien depuis ces années. De retour sur l'exploitation en 1992, elle crée un groupement de jeunes vignerons au sein de sa coopérative, la coopérative de Pézilla, à quelques kilomètres de Perpignan. De là naissent deux opérations, l'une d'envergure nationale - La Fête nationale de la vigne et du vin -, l'autre départementale, l'opération "tire-bouchon". "Je pensais que cela allait créer une dynamique dans la cave ccopérative." La fête avait pour but de montrer aux viticulteurs leur exploitation vue du ciel, pour découvrir son vignoble autrement, pour qu'ils réagissent sur ce qu'ils voyaient. "Quand on perçoit les choses d'un autre angle, on peut entrevoir autrement et être sensibilisé.
Pourtant, même si ces opérations sont un succès, Marie Pierre ne semble pas tout à fait satisfaite et ses rêves de grandes étendues reviennent la hanter. Qu'à cela ne tienne! "Je voulais découvrir des gens à travers le vin, à travers une culture du vin différente de la mienne et plus généralement, une culture sociale, artistique différente."
Elle part donc 5 mois en Argentine pour y faire les vendanges avant d'enchaîner sur le Chili pour s'occuper de l'achat de raisins en vue d'approvisionner 9 caves coopératives. Mais une fois de plus, l'exploitation familiale la rappelle...quelques mois seulement. "Un négociant de la vallée du Rhône (Chapoutier) cherchait quelqu'un pour gérer quelques mois un domaine perdu à Capajaffea, en Australie. Mes valises étaient prêtes et je suis partie."
Entre ces cultures d'Amérique du sud hispanisante et anglo saxonne, la Catalane s'est aujourd'hui posée dans son terroir natal, la tête pleine de nouveaux projets. Il y a trois ans, elle a créé une société d'équipements de chai à barrique. "Je voulais gagner de l'argent pour acheter des cuves et commencer à vinifier moi-même" explique la jeune femme. Lors de son installation en 1992 sur l'exploitation de 85 hectares, elle avait déjà dans l'idée de faire son vin. De ses voyages, elle retiendra ses longues heures passées à vinifier pour les autres, avec ces viticulteurs français et etrangers.
"Je me suis formée sur le tas avec d'autres artisans du vin, j'ai comme qui dirait fait mon propre compagnonnage. A chaque fois de nouvelles conceptions, de nouvelles approches mais j'ai toujours fonctionné par coups de coeur. Didier Dagueneau, de Pouilly sur Loire m'a appris la notion de respect de tout ce qui a trait au vin: du végétal, du terroir, des hommes qui le travaillent..." Ce respect à l'autre et aux choses semble aujourd'hui guider la jeune femme au quotidien. "Quand je suis revenue sur l'exploitation en 1999, l'équipe m'a dit: regarde et apprend avant de faire." C'est ce qu'elle continue à faire.
Quand on lui demande ce qu'elle veut faire de son exploitation, la réponse vient à tarder, un sourire au coin des lèvres. "C'est un ensemble de chose. Je suis représentative du domaine mais je représente moi-même un groupe, une équipe de personnes oeuvrant dans la même direction."
La viticulture, elle la conçoit avant tout comme un art de cultiver la vigne dans son ensemble. Son concept? Une approche et un respect du terroir, elle a d'ailleurs commencé à réimplanter des haies, remettre en état des chemins anciens, revenir sur les ceps avec du compost naturel. "J'essaie de comprendre la vigne plus que la dompter. Certes aujourd'hui, on peut avoir de gros outils et la façonner comme on l'entend. Mais ce n'est pas sûr que ce soit ce dont elle a besoin. Cette pateince est parfois difficile à tenir mais je suis persuadée que cela se traduit de toutes les manières dans le vin par la suite."
L'an dernier, elle a commencé, à échelle expériementale, à vinifier quelques hectolitres, des bouteilles vendues en mars dernier. En 2003, elle a entrepris de monter un réseau commercial pour référencer le domaine de Blanes. Situé pour une grande partie sur des coteaux, grenache, syrah et autre carignan constituent l'essentiel de la gamme. "J'ai une cuvée nommée Cami de la Bernes. Tout un symbole à mes yeux car Cami en catalan c'est le chemin. Pour moi c'est le chemin de la vie, c'est un détour qui à chaque virage vous laisse des impressions. Parfoirs un peu dépressif, parfois teinté d'un éclat de lumière... Mais toujours porteur de message." L'espression d'un terroir à travers un cépage est un chemin. Un terroir marqué et rude, où la rudesse laisse entrevoir quand on sait regarder les qualités. Pa seulement ce côté rustique, mais cet équilibre de fraîcheur et de complexité, expression d'une histoire d'un terroir, des hommes qui l'ont façonné et d'un passé.
Marie Pierre Bories s'en est aujourd'hui retournée vers ses racines...plus sage qu'en 1992, probablement plus humble devant la nature mais aussi plus forte de ses acquis. Consciente surtout que plus elle apprend, moins elle sait.
( article paru en mars 2003 dans la revue Vintage International)
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